Une décennie après le carton planétaire du "Titanic" de James Cameron, Leonardo DiCaprio retrouve Kate Winslet devant les caméras de Sam Mendes. 'est l'histoire d'un amour fou qui s'enfonce lentement, qui coule, aspiré vers le fond, comme un paquebot qui n'avance plus. Va-t-il remonter à la surface et flotter et repartir? Ou va-t-il sombrer?
Onze ans après "Titanic", Leonardo DiCaprio et Kate Winslet se retrouvent dans "Les Noces rebelles", le film du réalisateur anglais Sam Mendes (ce mercredi sur les écrans français), superbe mélodrame lancé dans la course aux Oscars -dont on connaîtra les nominations jeudi prochain.
Le film est tiré de "Revolutionary Road" (en français "La Fenêtre panoramique"), premier livre de l'écrivain américain Richard Yates, décédé en 1992 à l'âge de 66 ans. Le roman, paru en 1961, avait surpris à l'époque par son ton critique sur la société américaine et son féminisme, dénonçant le conformisme du "Rêve américain".
L'histoire se situe au début des années 50. Frank et April Wheeler se sont connus jeunes, se sont mariés, ont eu deux enfants. Ils vivent dans une belle maison de banlieue tranquille du Connecticut, dans une avenue baptisée Revolutionary Road, en référence à la révolution américaine de 1776. Mais leur vie n'a rien de révolutionnaire, et après sept ans de mariage leurs rêves de jeunesse semblent bien loin.
Tous deux se trouvaient mutuellement différents des autres, indépendants, intelligents, aspirant à une existence hors des sentiers battus, rêvant d'idéaux élevés. Mais la réalité est plus terre à terre. April, qui faisait du théâtre dans sa jeunesse, n'est plus qu'une actrice ratée, mère au foyer qui déprime au long de journées oisives. Frank, au départ doué pour des projets personnels, n'est qu'un employé coincé dans un emploi de bureau sans intérêt, qui gagne l'argent du foyer et rien de plus. Et leur couple subit, chaque jour un peu plus, les conséquences néfastes de cette routine.
Un jour, c'est April qui prend l'initiative. Il faut changer de vie, secouer cette inertie banlieusarde, sortir du piège des conventions. Il faut partir, recommencer une nouvelle existence, à Paris par exemple, en emmenant les deux enfants. Frank est d'accord. Oui mais, un hic survient: elle tombe enceinte. Et un second: Frank bénéficie soudain d'une promotion dans son emploi. Alors, Paris or not Paris?...
Cette belle histoire d'amour est, pour Leonardo DiCaprio et Kate Winslet, une sorte d'anti-"Titanic": l'intimisme remplace les effets spéciaux, et ce n'est pas un gros iceberg qui brise le couple mais le rouleau compresseur de la routine quotidienne. Pour Sam Mendes, dont c'est le quatrième film, c'est un peu un retour vers le premier: dans "American Beauty" en 1999, cet Anglais connu jusqu'alors pour ses talents de metteur en scène de théâtre avait, avec une ironie mordante, décrit le revers de ce fameux "Rêve américain" d'existence tranquille et prospère. Le film avait obtenu cinq Oscars, dont ceux de meilleur film et meilleur réalisateur.
Cette fois-ci, les Oscars pourraient bien concerner le beau Leo et la superbe Kate (Madame Sam Mendes à la ville), nommés respectivement trois et cinq fois pour la statuette dorée mais jamais récompensés. Ils forment, moins jeunes mais encore plus séduisants que sur le pont du fameux paquebot, un merveilleux couple. Et pour tout dire, ce sont dans leurs disputes, leurs pleurs, leurs cris et leurs déchirements qu'ils sont les plus convaincants