Comme Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui, le duo Danièle-Christopher Thompson confirme que l'écriture d'un scénario à quatre mains peut être profitable. Dans "Le code a changé" (qui sort mercredi dans les salles en France), ils nous plongent dans un film "choral" plaisant, mêlant différentes histoires, emmenées notamment par Dany Boon, Karin Viard, Marina Foïs, Patrick Bruel et Emmanuelle Seigner.
Tout commence par un dîner, le soir de la Fête de la musique, dans une jolie maison au coeur de Belleville, à Paris, où se retrouvent quelques amis, invités par Marie-Laurence (Karin Viard), "ML" pour les intimes, et Piotr (Dany Boon). Tout le monde a l'air content, mais les apparences sont trompeuses. Chacun respecte finalement un code de bonne conduite, par politesse, mais à la fin du repas, quand les gens s'en vont, les masques tombent...
Ainsi, entre Piotr et "ML", un couple en apparence sans histoire, il y a de l'eau dans le gaz. Leurs amis Mélanie (Marina Foïs) et Alain (Patrick Bruel) semblent vivre un peu le même type de problème conjugal, tout comme Sarah (Emmanuelle Seigner) et Lucas (Christopher Thompson). Enfin, le couple que forment Juliette (Marina Hands) et Erwann (Patrick Chesnais) suscite de nombreuses interrogations en raison de leur différence d'âge.
A ces couples viennent se greffer deux célibataires, Jean-Louis (Laurent Stocker) et Manuela (Bianca Li), ainsi qu'Henri (Pierre Arditi), que sa fille Juliette ne veut plus voir. Peu à peu, les relations entre tous ces personnages vont évoluer, et lors de leurs retrouvailles, le code aura changé...
Après "Fauteuils d'orchestre", la cinéaste Danièle Thompson et son fils, Christopher (co-scénariste de ces deux longs-métrages), nous entraînent dans un nouveau film "choral" tout aussi réussi. Si le démarrage est un peu lent, il prend peu à peu son rythme de croisière et on se laisse porter par les histoires de chacun, parfois drôles, parfois dramatiques.
"Notre envie est de tenir le spectateur entre un éclat de rire et une émotion. Ce qui se rapproche plus d'une démarche italienne ou anglo-saxonne car en France, on fait soit des films comiques, soit des tragédies", commente d'ailleurs Danièle Thompson, dont c'est le quatrième film comme réalisatrice.
La fille de Gérard Oury souligne aussi que son film illustre bien une citation de Ionesco: "Nous sommes gais, mais nous ne sommes pas dupes". "Comme dit Juliette (Marina Hands): 'De toute façon, un dîner, ou on ne se dit rien et c'est chiant, ou on se dit tout et c'est l'enfer!", ajoute-t-elle.
Grâce à un casting convaincant, Danièle Thompson nous plonge avec une certaine délectation dans ce petit monde un peu "bobo" (médecins, avocats...), un peu artificiel, avec des personnages attachants, entre lesquels on sent une grande complicité. On se régale aussi des dialogues percutants, et même si le scénario n'est pas révolutionnaire, on passe finalement un agréable moment